14 septembre 2026

Seul dans l'Aston ! (raid pédestre de 2 jours en Ariège avec l'ascension du pic de la Sabine 2561 m)

Interminables, comme le sont les vallées du massif de l'Aston, en Ariège ! J'avais coché depuis longtemps ce fameux "pic de la Sabine" dans ma liste de sommets pyrénéens accessible en randonnée pédestre, et je n'ai pas été déçu du voyage : quasi personne de croisé durant 2 jours, c'est très long, et surtout, il y a beaucoup, beaucoup de "hors-sentier", donc il est indispensable d'avoir avec soi tout le matériel de carto-orientation (carte, boussole et altimètre) pour ne pas s'embarquer dans des terrains scabreux !

Ce week-end des 12 et 13 septembre 2026, profitant du très beau temps sans vent ni orage annoncé, je suis donc parti en solitaire avec mon matériel de bivouac (et 13 kg sur le dos), pour faire l'ascension du pic de la Sabine, qui fait face au très pointu pic de Thoumasset (2741 m), qui domine tout le secteur.

Garé au parking du barrage de Riète (1093 m), il faut s'élancer, dès lors, sur un long itinéraire qui doit nous faire passer par le pont du pas de la Crabe (que l'on atteint en 1h environ), qui traverse le ruisseau du Quioulès, puis on continue encore comme cela jusqu'à passer sous une conduite forcée, et on finit par arriver (c'est long !) dans une vaste prairie où se situe la cabane de Quioulès (1607 m), avec une partie réservée au berger et une partie réservée aux randonneurs. 

Mais le périple ne s'arrête pas là puisqu'il faut maintenant continuer en direction de la cabane de la Sabine, située à 1970 m d'altitude. On quitte donc la prairie puis l'on suit une sente qui a fini par être marquée à force de passer (ce sont surtout les vaches qui passent par là !), qui serpente à travers bois (c'est là qu'on peut la perdre...) , puis traverse une prairie sans aucun repère, continue comme cela à travers bois et versant pentu jusqu'à atteindre une estive dégagée, et rocailleuse. Et enfin, OUF de soulagement, la cabane de la Sabine. Cette cabane est discrète et petite, avec un toit végétal. Elle est bien connue dans le coin. A l'intérieur, 2 emplacements de couchage avec matelas en mousse, une cheminée, des chaises, mais pour la table, il faut aller dehors. C'était très propre. Le temps de reconstituer les réserves d'eau, déjà il faut repartir pour atteindre le lac situé au dessus à 2057 m : "l'étang de la Sabine d'en bas", terme de la première étape.

Mais pour trouver un endroit sympa où bivouaquer, et bien il n'y en a pas vraiment, le sol est constellé de grande motte d'herbes type Gispet, bien piquantes, des trous partout et des blocs de rochers ! Heureusement, au bord du lac, l'herbe est un peu plus aplatie; c'est donc là que j'ai planté la tente.

Total parcouru cette première journée : 11,39 km, pour 1068 m de dénivelée positive, 5h50 de marche.

Après une nuit très froide, la voute céleste toute étoilée et des cris d'animaux vers minuit à vous glacer le sang (je pense avoir identifié un sanglier solitaire, rien qu'à l'entendre), le lendemain  matin il faut remettre cela, et faire l'ascension, d'une traite, du pic de la Sabine, en montant plein nord à travers une pente raide herbeuse à souhait, plein de Gispet piquant et glissant !! Mais ça passe...

Et enfin on atteint le sommet du pic de la Sabine, à 2561 m. C'est sûr que de là haut, on a un sacré panorama circulaire à couper le souffle, au sens propre ! On en aperçoit des lacs ! Autour de moi, des colonies d'hirondelles des rochers, et aussi de vautours fauves qui me servent de ventilateurs (on entend clairement le battement de leur ailes (lorsqu'ils les battent, car ils ne les battent pas souvent !).

Mais déjà il faut penser au retour et à la redescente. Et c'est là que le dilemme arrive : redescendre sur la cabane de la Sabine et reprendre le chemin de montée de la veille, ou tenter une boucle par les étangs de Carau, et la redescente sur la prairie de Quioulès ? J'opte donc par ce deuxième plan, et me voici à partir en pensant trouver une simili trace quelque part...

Et bien non ! Pas de trace, mais une direction à suivre, logique, qui exploite la moindre courbe de niveau sur la carte signalant un passage doux et peu raide. Et on finit par passer, sans problème, et en évitant pierriers et autres pièges naturels.

La seule difficulté, c'est de ne pas glisser sur les Gispet, car la chute arrive vite. Et tout cela sans repères aucun. Les sentes sont celles qui sont entretenues par les vaches (mais comment font-elles pour passer ici ?!?!).

Après avoir dépassé le premier puis le second étang de Carau, c'est là que tout se complique : par où ça passe ?! Rompu aux techniques de cartographie et d'orientation, j'ai trouvé mes passages, mais à quel prix : passage à travers des pentes remplies de genets, de fougères, de Gispet glissants et piquants, mais à chaque fois en restant sur des sections de pentes peu raides, juste ce qu'il faut pour passer !

A la fin, on finit (2h30 depuis le sommet quand même, et je n'ai descendu que 959 m de dénivelée...) par atteindre la passerelle de la prairie de Quioulès, OUF de soulagement, mais la route sera encore longue...

Le retour emprunte le même chemin que la veille, donc le terrain est connu, mais qu'est-ce que c'est long !

Total parcouru cette deuxième journée : 12,78 km, pour 558 m de dénivelée positive, 7h de marche.

Les photos du diaporama sont classées par ordre chronologique, de la première heure de randonnée du samedi jusqu'à la dernière du dimanche, vous trouverez bien les photos correspondant à mon récit !